
Plan d'Action pour Madagascar













Les deux jours de Dialogue Présidentiel, initié par Son Excellence Monsieur le Président de la République sur l’engagement n°2 du MAP sur l’Infrastructure reliée, ont permis d’identifier les solutions aux obstacles majeurs de la mise en œuvre de cet engagement et d’en définir les actions prioritaires permettant de faire un saut qualitatif vers le développement économique de Madagascar.
Les réflexions au sein des commissions correspondant aux secteurs clés impliqués pour la réussite de cet engagement n°2 et qui sont l’énergie, les télécommunications et TIC, le transport, les travaux publics, et l’eau et l’assainissement, ont abouti à la définition d’axes de priorités et des engagements spécifiques à chaque secteur.
Face à des problèmes de ressources financières et humaines à différents niveaux entraînant le ralentissement ou l’arrêt des actions aussi bien que l’ineffectivité de la mise en œuvre des programmes et projets, et face aux blocages rencontrés par les entreprises internationales pour s’adapter à l’environnement local, le secteur des Travaux publics s’est défini comme saut qualitatif d’aller au-delà de la construction de 12000 km pistes rurales et d’opter pour un changement de comportement, d’innover ses politiques et stratégies en promouvant l’esprit pionnier et en aidant la population à intégrer la notion de Biens publics. Les engagements pris consistent donc à lancer une discussion avec Bailleurs de Fonds pour l’augmentation du financement et à clarifier la situation vis-à-vis des arriérées de paiement, à recourir à des systèmes économiques de réalisations des travaux (HIMO, matériaux locaux, recherche visant l’amélioration des techniques), à renforcer les actions de formation et d’appui technique par la direction des Travaux Publics au niveau régional, à contribuer à la mise en cohérence des politiques sectorielles en infrastructure ainsi que la coordination du système Infrastructure et aménagement du Territoire, et surtout à impliquer les CTD tout en renforçant la notion du respect de biens publics par la population.
Malgré les efforts soutenus dans le secteur du transport ferroviaire et maritime et malgré le lancement des différentes politiques, dont l’Open Sky, les blocages du secteur Transport se résument à l’insuffisance de réglementation, de normes et de programme de sécurité routière, à l’insuffisance de l’entretien de la voie ferrée, à l’ensablement des ports, à la non-conformité des ports et aéroports aux normes internationales, mais surtout à un problème de mentalité des usagers et acteurs dans le secteur. Les engagements définis durant le dialogue se cadrent plus particulièrement dans l’amélioration des réglementations et contrôles par la finalisation du Code de la Route et l’élaboration du code de transport fluvial, la réhabilitation et l’ouverture des ports et aérodromes secondaires aussi bien que l’ouverture du canal des Pangalane d’ici décembre 2008, et la promotion de diverses plates-formes dans un délai de trois à six mois, favorisant ainsi le partenariat Public Privé à tous les niveaux, notamment dans le développement de la politique de l’Open Sky. Le secteur privé s’est engagé à la mise en place de matériels adéquats (exemple : car de 40 places) sur le marché afin de contribuer à l’amélioration des services de transporteurs dans les trois mois à venir, dont le renouvellement du parc transport urbain et national. La Société civile a lancé également le défi de contribuer amplement au changement de comportement des usagers par le renforcement des actions de sensibilisation et d’éducation civique.
Face au défi de la mondialisation, les acteurs du secteur des Télécommunication et communication rencontrent des blocages qui sont essentiellement dus à l’inexistence d’un cadre réglementaire clair permettant l’effectivité de la libéralisation du secteur, à l’absence de concertation au sein du secteur, notamment dans l’élaboration de politique et de lois et décrets. L’absence d’une politique tarifaire encourageante et la carence en matière de ressources humaines et de compétences représentent également un facteur de blocage pour le développement du secteur et de l’industrie utilisant les TICs. Ainsi, les résolutions en termes d’engagement consistent en la mise en place d’un comité technique Ad Hoc pour analyser les différents paramètres du backbone national (modèle de partenariat PPP), et du nouveau régulateur ARTEC. La libéralisation sera totale dès juin 2008, des licences multiservices (voix, données, images) seront octroyées. L’extension vers la convergence de services à partir de nouvelles normes sera généralisée, le modèle de taxation sera révisé au profit d’une vulgarisation des services du secteur des télécommunications. L’ouverture de la VOIP pour des applications professionnelles ciblées (call centers) créatrices d’emplois sera envisagée dès que possible pour que les entreprises concernées deviennent de plus en plus compétitives sur le marché international. Le Ministère s’est engagé également dans l’intensification des échanges avec la société civile pour permettre l’élaboration des projets de contenus adaptés aux habitants des zones enclavées.
En matière d’Information Communication, le saut qualitatif du secteur se résume à assurer la couverture de 600 communes en radio et TV d’ici 2008, ainsi que la distribution, le circuit, et l’installation de matériels de production de programme régionaux. Cette extension viendra en appui notamment à tous les programmes sectoriels du gouvernement.
La problématique du secteur d’Adduction d’eau potable et assainissement se base sur la faiblesse de la coordination du secteur, la faiblesse de la participation du secteur privé et surtout la difficulté d’appropriation des infrastructures par les bénéficiaires (problème de mentalité) et l’ineffectivité de la déconcentration. L’engagement pris par le Ministère de l’Energie et des Mines pour ce faire est de créer la Direction Générale de l’Eau et Assainissement au sein du ministère afin de réorganiser et coordonner les actions dans l’objectif de l’harmonisation des interventions par les différents acteurs, d’organiser la déconcentration des services et ressources et de finaliser la politique nationale de l’assainissement en collaboration avec les différents secteurs concernés dont la santé, l’éducation, l’aménagement du territoire, l’environnement et l’énergie. La principale mission de cette Direction Générale de l’Eau et Assainissement consistera donc à développer des politiques et stratégies sectorielles claires avec les capacités appropriées
Il a été décrié durant ce dialogue que la Politique énergétique reste peu connue par les parties prenantes, notamment concernant les procédures d’octroi des concessions, la garantie, et la situation financière de la JIRAMA. Le ministère de l’énergie et des mines a défini comme saut qualitatif la disponibilité de l’énergie à prix compétitif et la réalisation d’un central hydroélectrique de 75MW, et d’un Central fuel lourd de 80 MW. D’autre part, le Ministère s’engage à actualiser la Politique énergétique dans un délai de 6 mois, et d’impliquer les CTD dans le développement de ce secteur par l’identification des besoins potentiels. Le Ministère s’engage également à réactualiser la Lettre de Politique sectorielle dans un délai de un mois, clarifier et vulgariser les procédures pour l’obtention de concession dans un délai de trois mois, mettre en place un cadre légal et réglementaire sur les biocarburants dans un délai de 6 mois, et surtout améliorer le cadre légal actuel pour faciliter le développement des centrales hydroélectriques de moyennes puissances dans un délai de six mois.
Du côté des Bailleurs de fonds, l’engagement confirmé notamment par l’Unicef, s’encadre dans le renforcement du dialogue et la concertation avec les ministères concernés, ainsi que l’accompagnement en matière de renforcement des capacités des CTD, et STD (planification, mise en œuvre, suivi-évaluation), aussi bien que dans la révision des documents clés (politiques Hygiène et Assainissement) tout en assurant l’harmoniser de leurs actions avec les partenaires et un appui technique soutenu.
Près de 300 personnes représentant toutes les parties prenantes ont participé à ce dialogue présidentiel et se sont déclarées satisfaits des résultats obtenus. L’équipe du SG MAP annonce que ceci n’est qu’un résumé des engagements les plus significatifs. Tous les engagements seront rendus publics et le dialogue se poursuivra.